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YS&ANJAY

YS & ANJAY

Après avoir écrit trois ans sur les événements et concepts qui façonnent le nouveau Charleroi, je n’ai jamais parlé du profond changement de la jeunesse carolo. De plus en plus de projets sont créés par des étudiants ou jeunes diplômés. Je pense notamment à Shape’n Go, T-wax Customize, Moov’-ti… Mais qu’en est-il de la scène musicale ? Avons-nous aussi des talents dans ce domaine ?


Hormis l’interview de RUN SOFA précédemment réalisée, je n’ai pas encore jamais promu nos talents musicaux et encore moins ceux appartenant au monde du rap. C’est pourquoi je suis partie à la rencontre de Loris et Hamza, deux rappeurs carolos pour lesquels j’ai beaucoup de respect et d’admiration.

La rencontre :
Lors d’un show case à Charleroi dans le courant du mois de juin, je les ai rejoints en fin de concert en toute simplicité pour discuter de leur parcours et de leur expérience.
Amis d’enfance, Les deux chanteurs se sont associés il y a un an pour créer leur groupe de rap en parallèle de leurs études. Loris, ou YS, a d’abord expérimenté la musique seul avant qu’Hamza qui composait lui aussi, ne le rejoigne.

Carolos, ils sont déterminés à faire rayonner le Pays Noir dans toute la Belgique et surtout à casser les codes du rap. En effet, j’ai eu l’occasion de les voir à deux reprises en concert et nous sommes loin du cliché des textes insultants et des paroles arrogantes.

Le rap, une musique vulgaire?
Le rap émerge aux Etats-Unis dans les années 70 en s’inspirant du genre Hip-Hop créé dans les ghettos américains. C’est depuis quelques années que ce style musical a explosé et se retrouve partout, même à la radio sur chaines commerciales !

Si vous pensez que ce genre musical promeut uniquement le conflit et la violence, il est temps de faire évoluer vos stéréotypes. Certes, les débuts du rap n’étaient pas glorieux mais en 2019, il existe tellement de genres et d’artistes qu’il est temps de s’intéresser à cette culture.

Dans leurs textes, YS&Anjay abordent leurs expériences de vie sans ne se plaindre ni dénoncer d’injustices. Au contraire, ils expliquent et montrent les leçons qu’ils ont pu en tirer. Le titre « La rue » est d’ailleurs un bon exemple.
Le groupe se positionne dans le genre « pop-rap ». avec quelques influences de dancehall, une musique populaire jamaïcaine. « Bad Bad » ou « Love », illustrent bien ce mélange de sonorités. C’est ce mélange que j’aime chez ses artistes. Ils préfèrent composer des sons plutôt calmes et c’est pourquoi on retrouve ce type de sonorités.

« Nous chantons aussi pour notre public donc on essaie d’offrir aux gens ce qu’ils aiment ». Ils tentent donc aussi de créer des titres plus rythmés qui plaisent à un plus grand nombre de personnes comme leur nouveau single «OMG» ou « Jeune de cité ».

Zone 6 music
YS&Anjay font partie d’un label qui regroupe plusieurs rappeurs parmi les nombreux chanteurs carolos. Cette infrastructure a comme principale mission de trouver des scènes pour les artistes, des lieux de clips ou des vidéastes pour que la production et l’enregistrement soient correctement réalisés.
Loris et Hamza possèdent aussi leur propre manager, Joris. Son rôle est de les aider dans l’organisation quotidienne. « Ils nous boostent à enregistrer des morceaux professionnels et à sans cesse nous surpasser. »

Charleroi : une force ou un désavantage ?

Loris et Hamza sont nés, ont vécu et étudient à Charleroi. « On aime cette ville et nous y sommes beaucoup attachés ». Ces artistes ont vu la ville en plein déclin et sont fiers de redorer son image à leur manière. Mais pourquoi ne pas s’exporter à Bruxelles ?

Quand on sait que Damso et Shay, deux rappeurs bruxellois qui ont signé dans le label de Booba, un rappeur international, cela pourrait inspirer. Pour eux, « Il faut être un prince dans sa ville avant de vouloir régner ailleurs. » Même s’ils ont le désir immense de vivre de leur art, YS&Anjay avancent sans se précipiter. Ils prennent même en compte l’éventualité où leur projet n’aboutirait pas. Ils souhaiteraient cependant rester dans le monde de la musique en y exerçant un métier connexe comme ingénieur du son.

Adresses carolos
Ils m’expliquent qu’ils ne sont pas de grands sorteurs et n’ont pas pour habitude de traîner dans les bars ou les soirées. Le studio Eveil situé à Ransart est donc le lieu où ils passent le plus de temps pour écrire et enregistrer leur musique.
Ils ont récemment découvert Oggi coffee, un bar proposant des freakshake et des bagels mais ils vont plus facilement manger au restaurant Les mille et une nuits, à Gosselies où Hamza travaille. D’ailleurs, je ne connaissais absolument pas ce resto marocain. Même après 3 ans, j’ai encore pleins d’adresses à découvrir. 

Objectif :
« Si je pète le million, dans ce cas-là tu me verras danser » est une des paroles dans le feat « Battu» avec un autre rappeur carolo L.I du 6. Pourtant, atteindre le million n’est pas leur premier objectif m’ont-ils affirmé. Le plus important est la création d’une communauté solide. Ils recherchent un réel engagement auprès de leurs fans. S’ils participent à un show hors de Charleroi, ils espèrent être suivis par leur public.

Mon avis :
Je suis admirative face à leur travail et surtout leur talent. J’ai eu un coup de cœur pour leur musique suite aux textes réfléchis à l’instru plus doux et dansant. J’espère que je vous aurai donner l’envie d’écouter leur musique sur YouTube ou Spotify.

Cette initiative montre aussi la créativité et la motivation de la jeunesse carolo à vouloir améliorer sa ville. Charleroi change et j’ai hâte de voir à mon retour toutes les évolutions et améliorations que j’ai pu manquer en étant au Canada. 

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