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    YS&ANJAY

    YS & ANJAY

    Après avoir écrit trois ans sur les événements et concepts qui façonnent le nouveau Charleroi, je n’ai jamais parlé du profond changement de la jeunesse carolo. De plus en plus de projets sont créés par des étudiants ou jeunes diplômés. Je pense notamment à Shape’n Go, T-wax Customize, Moov’-ti… Mais qu’en est-il de la scène musicale ? Avons-nous aussi des talents dans ce domaine ?


    Hormis l’interview de RUN SOFA précédemment réalisée, je n’ai pas encore jamais promu nos talents musicaux et encore moins ceux appartenant au monde du rap. C’est pourquoi je suis partie à la rencontre de Loris et Hamza, deux rappeurs carolos pour lesquels j’ai beaucoup de respect et d’admiration.

    La rencontre :
    Lors d’un show case à Charleroi dans le courant du mois de juin, je les ai rejoints en fin de concert en toute simplicité pour discuter de leur parcours et de leur expérience.
    Amis d’enfance, Les deux chanteurs se sont associés il y a un an pour créer leur groupe de rap en parallèle de leurs études. Loris, ou YS, a d’abord expérimenté la musique seul avant qu’Hamza qui composait lui aussi, ne le rejoigne.

    Carolos, ils sont déterminés à faire rayonner le Pays Noir dans toute la Belgique et surtout à casser les codes du rap. En effet, j’ai eu l’occasion de les voir à deux reprises en concert et nous sommes loin du cliché des textes insultants et des paroles arrogantes.

    Le rap, une musique vulgaire?
    Le rap émerge aux Etats-Unis dans les années 70 en s’inspirant du genre Hip-Hop créé dans les ghettos américains. C’est depuis quelques années que ce style musical a explosé et se retrouve partout, même à la radio sur chaines commerciales !

    Si vous pensez que ce genre musical promeut uniquement le conflit et la violence, il est temps de faire évoluer vos stéréotypes. Certes, les débuts du rap n’étaient pas glorieux mais en 2019, il existe tellement de genres et d’artistes qu’il est temps de s’intéresser à cette culture.

    Dans leurs textes, YS&Anjay abordent leurs expériences de vie sans ne se plaindre ni dénoncer d’injustices. Au contraire, ils expliquent et montrent les leçons qu’ils ont pu en tirer. Le titre « La rue » est d’ailleurs un bon exemple.
    Le groupe se positionne dans le genre « pop-rap ». avec quelques influences de dancehall, une musique populaire jamaïcaine. « Bad Bad » ou « Love », illustrent bien ce mélange de sonorités. C’est ce mélange que j’aime chez ses artistes. Ils préfèrent composer des sons plutôt calmes et c’est pourquoi on retrouve ce type de sonorités.

    « Nous chantons aussi pour notre public donc on essaie d’offrir aux gens ce qu’ils aiment ». Ils tentent donc aussi de créer des titres plus rythmés qui plaisent à un plus grand nombre de personnes comme leur nouveau single «OMG» ou « Jeune de cité ».

    Zone 6 music
    YS&Anjay font partie d’un label qui regroupe plusieurs rappeurs parmi les nombreux chanteurs carolos. Cette infrastructure a comme principale mission de trouver des scènes pour les artistes, des lieux de clips ou des vidéastes pour que la production et l’enregistrement soient correctement réalisés.
    Loris et Hamza possèdent aussi leur propre manager, Joris. Son rôle est de les aider dans l’organisation quotidienne. « Ils nous boostent à enregistrer des morceaux professionnels et à sans cesse nous surpasser. »

    Charleroi : une force ou un désavantage ?

    Loris et Hamza sont nés, ont vécu et étudient à Charleroi. « On aime cette ville et nous y sommes beaucoup attachés ». Ces artistes ont vu la ville en plein déclin et sont fiers de redorer son image à leur manière. Mais pourquoi ne pas s’exporter à Bruxelles ?

    Quand on sait que Damso et Shay, deux rappeurs bruxellois qui ont signé dans le label de Booba, un rappeur international, cela pourrait inspirer. Pour eux, « Il faut être un prince dans sa ville avant de vouloir régner ailleurs. » Même s’ils ont le désir immense de vivre de leur art, YS&Anjay avancent sans se précipiter. Ils prennent même en compte l’éventualité où leur projet n’aboutirait pas. Ils souhaiteraient cependant rester dans le monde de la musique en y exerçant un métier connexe comme ingénieur du son.

    Adresses carolos
    Ils m’expliquent qu’ils ne sont pas de grands sorteurs et n’ont pas pour habitude de traîner dans les bars ou les soirées. Le studio Eveil situé à Ransart est donc le lieu où ils passent le plus de temps pour écrire et enregistrer leur musique.
    Ils ont récemment découvert Oggi coffee, un bar proposant des freakshake et des bagels mais ils vont plus facilement manger au restaurant Les mille et une nuits, à Gosselies où Hamza travaille. D’ailleurs, je ne connaissais absolument pas ce resto marocain. Même après 3 ans, j’ai encore pleins d’adresses à découvrir. 

    Objectif :
    « Si je pète le million, dans ce cas-là tu me verras danser » est une des paroles dans le feat « Battu» avec un autre rappeur carolo L.I du 6. Pourtant, atteindre le million n’est pas leur premier objectif m’ont-ils affirmé. Le plus important est la création d’une communauté solide. Ils recherchent un réel engagement auprès de leurs fans. S’ils participent à un show hors de Charleroi, ils espèrent être suivis par leur public.

    Mon avis :
    Je suis admirative face à leur travail et surtout leur talent. J’ai eu un coup de cœur pour leur musique suite aux textes réfléchis à l’instru plus doux et dansant. J’espère que je vous aurai donner l’envie d’écouter leur musique sur YouTube ou Spotify.

    Cette initiative montre aussi la créativité et la motivation de la jeunesse carolo à vouloir améliorer sa ville. Charleroi change et j’ai hâte de voir à mon retour toutes les évolutions et améliorations que j’ai pu manquer en étant au Canada. 

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    HAPPY FLOW

    HAPPY FLOW

    La mission de Florence ? Rendre ton quotidien plus pétillant et t’aider à obtenir une vie de rêve. J’ai donc décidé de la rencontrer pour en apprendre plus sur son travail inhabituel et surtout pour qu’elle nous dévoile sa formule magique  !

    Le concept : Happy Flow

    Flow n’est pas le surnom de Florence mais bien un état d’esprit où tu es tellement animé par ta passion, ton talent ou tes occupations que tu ne t’aperçois pas de l’avancée du temps. Cette façon de vivre, c’est ce que Florence a voulu nous partager. Comment ?

    Elle a d’abord créé un blog à ce sujet avec des articles remplis de positivité et de conseils qui contribuent à une vie plus épanouissante. Mais rendre sa vie palpitante demande un travail quotidien. Il ne suffit pas de les appliquer un jour semaine ou de lire un article pour devenir l’acteur de sa vie.

    Elle a donc lancé un guide de vie unique qui nous motive à sortir de notre routine pour trouver le bonheur : l’agenda pour une vie Wouaw !  

    Qui est Florence ?

    Solaire, joyeuse et curieuse, Florence est graphiste de formation. Avec une spécialisation dans la gestion de projet, elle a travaillé durant trois ans dans une agence de communication à Charleroi. Passionnée, elle s’est jetée corps et âme dans la réalisation de ses projets jusqu’à un point de non-retour. Parfois, quand notre travail nous anime un peu trop, on s’oublie, on s’épuise et c’est la dégringolade. C’est ce qui est arrivé à Florence.

    L’élément déclencheur

    Après cet épuisement professionnel, elle a consacré deux ans à son épanouissement personnel.

    La première année a été dédiée à une reconstruction physique. « Je ne savais plus bouger de mon lit » me confie-t-elle. Ensuite, la deuxième étape a été de se reconstruire mentalement. « Qu’est ce j’ai envie d’apporter au monde ? À quoi je sers ? » « Comment suis-je arrivée à cette situation critique où mon corps m’a dit stop ? »

    Et si la clé du bonheur était d’allier ses deux passions pour en créer une vocation ?

    Face à ses questions existentielles, elle apprend à se connaitre et retrouve une passion enfouie depuis longtemps, celle de la papeterie et des beaux cahiers. Elle cultive aussi un goût pour le développement personnel.

    La formule magique d’une vie parfaite

    L’agenda pour une vie Wouaw nait en 2017. À travers cet outil Florence t’aide à créer une vie qui te correspond. Une vie qui « pétille » comme elle aime la définir. En début d’année, tu fais une mise au point avec des exercices de développement personnel comme la visualisation de ton année de rêve, lister tes objectifs, inspirations, motivations…

    Le principe est de mettre à jour ce qui a été accompli, et ce qui nous reste à concrétiser. Les pages sont joliment présentées et accompagnées par de chouette citations et de jolies couleurs.

    Cela t’a donné envie ? Teste une partie de l’agenda en cliquant juste ici.

    Ses atouts :

    Conçu et imprimé en Belgique, Florence se démarque de ses concurrents par la qualité de son agenda. Imprimé sur du papier bio top à Liège, elle l’a aussi conçu en couleur pour qu’il soit plus gai à parcourir.

    Même si elle n’a pas choisi la facilité en étant aussi exigeante, prendre des risques c’est une manière d’être unique.

    Bémol :

    Tous ses précieux conseils prennent de la place. L’agenda a donc une taille imposante qui nécessite d’avoir un sac à main adapté. Quand je lui ai fait part de cet inconvénient, la créatrice d’Happy Flow a souri. Pour la rentrée 2019, mon problème sera réglé m’a-t-elle affirmée.

    Le lien à Charleroi : 

    Pour réaliser son projet, elle a intégré Azmiut, une entreprise carolo qui apporte un soutien pratique et une expertise pour la concrétisation des idées. « J’avais envie de concrétiser mon projet et de le partager aux autres. Je voulais donner naissance à un projet sans forcément en vivre. »

    Grâce à Azimut, elle a pu générer du bénéfice mais elle insiste sur sa motivation première : la passion. Pour elle, si on entreprend ses démarches pour l’argent, cela ne pourra pas réellement fonctionner.

    Wonderfriends a été la première boutique à Charleroi à vendre son produit. Aujourd’hui, elle recherche d’autres lieux pour des ventes éphémères ou des séances de coaching.

    Nouvelles perspectives

    Tu es heureuse maintenant ? « Je suis 10 000 fois plus heureuse dans ma vie qu’il y a quelques années mais il me reste encore du chemin. » Qui peut affirmer qu’il est pleinement heureux et comblé ? Personne d’après elle. Chaque jour, grâce à sa mentalité et sa façon d’appréhender la vie, elle recherche de nouvelles expériences et de nouveaux projets pour garder cette harmonie qu’elle a trouvée avec elle-même.

    C’est pourquoi elle a comme projet d’ouvrir des ateliers de coaching, de vendre un nouveau produit dans un plus petit format et enfin de créer l’agenda 2019-2020 en édition limitée. Dès que le lien de la pré-commande sera en ligne, je vous le partagerai.

    Ma rencontre

    Florence a le don d’égayer la vie de son entourage, par son état d’esprit et sa joie de vivre. En restant 30 minutes en interview, j’ai pris conscience que nous sommes l’unique source de notre bonheur et que c’est à nous d’entreprendre pour être épanoui !

    Bien sûr, le cheminement pour y arriver ne se fait pas en un jour. Je te propose néanmoins de débuter ce parcours grâce à un extrait de l’agenda à télécharger dès maintenant.

    INFOS

    Pour  tester lagenda en ligne 

    Pour accéder au site 

    Pour accéder à l’e-shop 

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    CHAP’LAU

    CHAP'LAU

    • LAURENCE HUYSMAN
    • 50 ANS 
    • CHAPELIÈRE PAR AMOUR  
    • GESTIONNAIRE DE PROJET CHEZ ORES (MOINS GLAMOUR)

    Amie d’enfance de ma maman, Laurence est une personnalité carolo grâce à sa passion : la création de chapeaux. En deux temps trois mouvements elle sublime un visage, illumine une silhouette et rend ses clientes uniques par son talent et son expérience. Tape à l’œil ou passe-partout, derrière chaque personne correspond un chapeau.

    Au fur et à mesure de l’interview, j’apprends à connaitre une femme douce et à l’écoute qui a comme principale mission de rendre ses clientes heureuses. Bienvenue dans les ateliers de Chap’Lau.

    Parcours de Laurence

    En toute simplicité, Laurence m’accueille dans son appartement à Charleroi pour me raconter sa passion. Douce et posée, elle a depuis toujours une fibre artistique. Plus jeune, elle aidait sa sœur dans ses études de couture pour les différents croquis et elle a été élevée avec sa maman qui cousait beaucoup. Grandir dans ce milieu n’a fait que réveiller son intérêt pour la confection de vêtements.

    Pourquoi les chapeaux ?

    Lors d’une rencontre hasardeuse à un cours de couture, deux dames l’ont invitée à un atelier de création de chapeau. Six ans plus tard, elle vendait ses propres créations pour son plus grand bonheur.  

    Chap’Lau :
    Au vu du succès auprès de ses proches, elle décide de confectionner des chapeaux pendant son temps libre. Elle souhaite que cela reste une passion, « Je ne recherche pas le bénéfice mais faire partager ce que j’aime et pouvoir créer des choses en fonction des personnes différentes. » Bijoux de tête, chapeaux de paille ou de cérémonie, l’hiver comme l’été, Laurence créée en fonction de la demande du client.
    Son travail chez Ores lui procure un épanouissement et ne souhaite pas quitter son équipe mais exprimer sa créativité dans la fabrication de chapeaux est essentiel pour son bien-être.

    Processus de travail
    Réaliser un chapeau peut prendre 1h à 1h30. Chez elle, on retrouve ses créations un peu partout, dans son salon, dans sa chambre… mais c’est dans son dressing qu’elle s’est constituée un petit coin couture.
    L’hiver, elle favorise les matières en feutre qu’elle doit imbiber d’un produit pour ensuite les travailler à la vapeur. C’est cette réaction qui détendra la fibre et lui permettra de manier le tissu pour ajuster la forme. Après un repos de 24h, elle peut alors le démouler et passer à la décoration. La paille est un matériau plus estival mais demande un temps de pause plus long.
    Une difficulté en plus est de réaliser des modèles sans cesse différents. Tous ces modèles sont uniques pour correspondre au maximum à la personnalité du client.

    Conseil en cas de pluie :
    Imperméabiliser et grosse drache : prendre un chapeau de pluie (coupé/ cousu) qu’elle ne propose pas dans son concept. S’il est humide : laisser sécher et ré – imperméabiliser

    Qui sont ses client(e)s ?
    Des femmes âgées ? Pas du tout ! Le chapeau revient à la mode et sa clientèle est variée. En faisant les marchés, des hommes comme des femmes sont intéressés par ses créations. Contrairement aux grandes marques, Laurence fait du sur-mesure et réalise les souhaits les plus fous de ses clients.
    Par contre, elle a toujours été honnête avec ses clients. Si la demande n’est pas adaptée à la forme du visage de la personne ou esthétiquement parlant ce n’est pas harmonieux, elle refuse. « Je préfère qu’on ne m’achète pas de chapeau plutôt que d’être ridicule avec mes créations ».

    Elle a d’ailleurs conçu un chapeau pour une cliente mais ne lui a pas vendu car elle estimait qu’il n’embellissait pas sa silhouette. Sa franchise et ses conseils avisés donne à la marque Chap’Lau un gage de qualité !

    Ses bonnes adresses à Charleroi :
    Castellinoise, elle se rend souvent au Dodécanèse pour revoir ses copines (dont l’une d’entre elle tient le restaurant d’ailleurs). Elle côtoie ce restaurant depuis son adolescence et il fait partie de son histoire à Charleroi. 

    Dans le centre, elle adore flâner sur le marché de Charleroi le dimanche matin, une bonne adresse pour acheter des produits de saison. Sous mes conseils, elle a aussi testé le restaurant come a l’maujône et en a été satisfaite ! 

    Pour boire un verre, elle adorait siroter ses boissons au prince Baudouin qui a malheureusement disparu en même temps que les colonnades.

    Cette rencontre a égayé ma journée. J’ai senti en Laurence de la bienveillance et de la sincérité. Créer des chapeaux est une façon de laisser parler sa créativité et d’embellir la femme. Elle a d’ailleurs confectionné pour chapeau pour ses vacances ! Il ne reste plus qu’à trouver la destination.
    Elle garde cette activité comme passion pour éviter que la création devienne une contrainte. Si vous souhaitez un accessoire de tête, il suffit de prendre contact avec elle sur sa page facebook et elle vous rencontrera avec plaisir pour discuter du projet ! Merci à elle et j’espère vous avoir donné envie.

    INFOS

     Facebook : clique ici

    Téléphone : 0479/76 02 56 

    Prix: entre 35€ et 80€ en fonction du modèle 

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    CAROL’OR

    CAROL'OR

    • MONNAIE LOCALE ET CITOYENNE
    • MAI 2019 
    • COLLECTIF DE 16 PERSONNES

    Charleroi revit, se transforme et s’agrandit pour notre plus grand bonheur. Des centaines de nouvelles adresses, un centre commercial, bref nous sommes face à une offre grandissante mais à quel prix ? Est-ce que les commerçants carolos trouvent-ils encore leur place face à toutes ces enseignes internationales ? Difficilement… Pourtant les valoriser fait aussi partie de la redynamisation carolo. C’est pourquoi le collectif de Carol’or a imaginé une solution, celle de la monnaie locale.

    C’est autour d’un thé et d’un brownie au Livre ou verre que je rencontre Valter et Jean-Stéphane, deux membres du projet.

    Carol’or ? Qu’est-ce que c’est ?
    Le Carol’or est la 13e monnaie complémentaire belge et la première de la région de Charleroi. Dès mai, nous pourrons donc payer chez les commerçants partenaires avec une monnaie autre que l’euro.
    Derrière ce projet, ce sont 16 personnes qui, suite au film Demain, créent un collectif pour faire mettre en place une des solutions face à la crise écologique expliquée dans le film.

    Quelles sont les 4 utilités d’une monnaie locale ?

    Valter et Jean-Stéphane sont unanimes sur ce point, le but premier est de favoriser le commerce local. Allez-vous boire votre café chez Café van Hove ou chez Black coffee à Rive Gauche ? Achetez-vous votre déco chez Wonderfriends ou Flying tiger ? L’intérêt est que notre argent aille dans la poche d’un autre carolo et pas d’une multinationale.

    En utilisant le Carol’or nous favorisons les circuits-courts et on se réapproprie notre pouvoir d’achat. Utiliser la monnaie locale nous permettra de regénérer le tissu commercial et les commerces de proximité. « 90% de la valeur monétaire mondial sert à la spéculation » m’explique les membres du collectif. Soit uniquement 10% pour l’économie réelle. Une des finalités de cette devise citoyenne est donc de contribuer à ces 10%.

    Une autre utilité de la monnaie est de recréer du lien. Pouvez-vous me citer 3 prénoms de commerçants qui vous saluent ou vous demandent si vous allez bien ? Dépenser ses Carol’or permettra, je l’espère, de discuter plus facilement avec le gérant du magasin ou du bar pour que, de fil en aiguille, cette adresse devienne un coup de cœur.

    Grâce aux différents partenaires du projet, nous serons amenés à découvrir de nouvelles adresses et de nouvelles personnes. Sur les 40 minutes d’interview, ils m’ont cité 3 endroits que je ne connaissais absolument pas… Outre des adresses alimentaires, nous pourrons dépenser notre argent local dans des lieux culturels et dans le grand Charleroi.

    Dans la pratique, comment je dois faire ?
    1€ = 1 carol’or disponible sur une zone comprise entre Pont-à-Celles à Gerpinnes. Il y aura plusieurs comptoirs d’échange (dont au livre ou verre ou à l’Eden) pour troquer nos euros contre la monnaie carolo. La monnaie sortira en mai. Que faire d’ici là ?
    Vous pouvez soutenir le projet grâce au crowdfunding ICI ou encore devenir ambassadeur.

    HORAIRES/INFOS

    Lien vers le crowdfunding : ici 

    Site internet  : là  

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    RUN SOFA

    RUN SOFA

    • JULIEN & ANTOINE
    • 36 & 28 ANS
    • GUITARISTE & CHANTEUR DU GROUPE RUNSOFA 

    Artistes carolos en pleine construction, J’ai connu Antoine et Julien via Instagram. Il m’était impossible de ne pas rencontrer ce duo musical alternatif. J’ai donc eu l’honneur de discuter autour d’une limonade bio (oui oui celle du pain quotidien) avec Antoine, notre chanteur.

    Qui se cache derrière ce nom incongru ? Le succès est-il au rendez-vous ? J’ai tenté de comprendre leur univers et de vous en dévoiler une partie, c’est parti !

    Les origines du groupe :

    Inséparables, Julien et Antoine se connaissent depuis leur plus jeune âge. Et pour cause, ils sont cousins. Élevé dans une famille de musiciens à Marcinelle, ils ont chacun expérimenté avant d’entamer cette belle aventure. « Ça s’est fait naturellement parce que on traînait tout le temps ensemble ».

    Julien, de 8 ans son aîné a commencé la musique dès 6 ans pour faire ses premières scènes à 14 ans. Antoine a suivi ses pas dès qu’il en a eu l’occasion. Mais vivre de leur passion n’était tout simplement pas envisageable. Parti sur Bruxelles pour leurs études, ce fut un élément déclencheur dans leur carrière. Il y avait, dans cette ville, des possibilités de rencontres, un public et des centaines d’endroits où jouer. La clé de la réussite ? Le perfectionnisme. « On a toujours fait de la musique mais on le pousse le plus loin possible » et, comme par magie, d’un petit café de la capitale ils sont passés à la scène de Dour.

    Pourquoi run SOFA ?

    Pourquoi ce nom de scène ? Antoine reste vague… Délire entres potes, signification profonde ? Il se perd un peu dans ses explications mais la racine reste la chanson de George Harrison ; run so far. Enlever le « r » et le tour est joué !  Ce jeu de mots est en fait très représentatif pour eux car il a pleins de connotations différentes.

    Musique :

    Cette année a été marquée par leur entrée à Dour Festival. Certainement le lieu le plus connu à mes yeux dans leur parcours musical, ils ne sont pourtant pas à leur coup d’essai. Pour Antoine, il perçoit cette scène comme une belle étape dans leur parcours qui est loin d’être terminé !

    Des rêves musicaux ?

    Étonnamment, pas spécialement. Le chanteur voit les choses d’une manière plus globale ; ce qui l’intéresse n’est pas de jouer sur une scène spécifique ou de réussir à remplir une salle particulière. Continuer à faire de la musique et des concerts avec un public toujours au rendez-vous est, par contre, un de ses souhaits les plus chers.  « C’est simple mais juste suffisant pour rêver » me raconte-il. 

    Le vif du sujet : leur univers musical :

    « On a envie de faire une musique qui est honnête, a un message et est revendicatrice ».

    Amoureux du rock durant son âge d’or, ce style musical était basé sur des messages profonds et des envies de changer le monde. Quand elle est devenue populaire, elle a perdu tout son sens. Le hip -hop d’aujourd’hui a repris les codes du rock d’antan et c’est pourquoi ils sont à la charnière de ses deux genres.

    Ado, ils se sont longtemps sentis privés d’expression. En plein déclin, Charleroi n’avait pas les infrastructures adéquates pour faire émerger des talents ou donner la possibilité aux jeunes d’extérioriser leur créativité.

    « On se sentait démunis face à tout ça, on avait envie de faire des choses mais les gens ne te donnent pas la parole et ne te prend pas au sérieux. » À force d’avoir trop emmagasiner, cela est ressorti sous forme de musique et de textes profonds chargés de sens. Entre autres, le morceau « Papillon » traitant de l’homosexualité. 

    Leurs inspirations :

    Après avoir entendu leur musique, je n’arrivais pas à identifier leur style. Éclectique, je voulais savoir où ils puisaient leurs inspirations. Il m’explique que la scène américaine reste une grosse source d’idées avec notamment Mykki blanco (rappeur), Death gripsHo9909 plus tourné vers l’heavy metal,  ou encore Aurora venant des pays scandinaves. Ces artistes ont été pionniers dans leur processus créatif et c’est dans cette optique que se positionne run SOFA. 

    Antoine m’explique que la scène de rap alternatif n’est pas encore répandue en Belgique et c’est pourquoi je les trouvais unique en leur genre. Il reste humble par rapport à ma remarque et pour lui, il n’a rien inventé même si à Charleroi c’est totalement innovant. Il se définit plus comme contemporain dans leur domaine.

    Réussissent-ils à vivre de leur passion ?

    Actuellement, run SOFA est autonome. Ils réussissent à générer assez d’argent pour créer un album mais pas encore assez pour se rémunérer. 

    La Belgique est un petit pays avec peu de scènes intéressantes m’explique Antoine. Une fois que les grosses villes ont été parcourues comme Bruxelles, Namur, Charleroi, Liège et parfois Mons, ils sont obligés de voyager (ce qui coûte encore de l’argent) comme en France, en Angleterre ou en Flandre. À force de changer de lieu, ils restent encore une découverte pour les gens. Le challenge est de les convaincre pour qu’ils achètent une place de concert ; le seul moyen pour gagner sa vie en tant que musicien.  

    Charleroi et la musique ?  

    Bruxelles aurait été l’élément déclencheur (comme expliqué plus haut) mais pourquoi Charleroi n’a pas pu jouer ce rôle ? D’après eux, notre ville ne met pas assez les artistes en valeur. « Nous avons un complexe d’infériorité par rapport aux autres villes ». De plus, Antoine constate que la période de déclin à Charleroi a laissé des séquelles sur la perception qu’on les carolos face à leurs projets.  

    Heureusement, la roue tourne et être carolo devient un avantage. Les gens ont déjà entendu parler de Charleroi mais ne sont jamais venus. Les artistes agissent alors comme des porte-paroles.

    La solution ?  

    Pour promouvoir les talents musicaux, l’idéal selon le chanteur serait de créer des « cafés-concerts ». Certes Charleroi possède 3 salles importantes ; celle du Vecteur,  de l’Eden, et le Rockerill. Des petites scènes avec du partage entre le public et l’artiste comme dans les années 90 ont toutes disparues.

    « Parfois on a besoin d’expérimenter et on n’est pas prêt pour jouer dans des grands scènes »

    3 adresses à conseiller ?

    Le Rockerill est pour eux une évidence. « Je considère Mika comme mon père spirituel. » Crée il y a plus de 10 ans maintenant, le Rockerill a été le pionnier dans la reconstruction de Charleroi. Salle de concert dans d’anciennes forgeries, elle est le symbole de Charleroi. Amoureux du concept, c’est avec joie qu’ils viennent jouer dans cet endroit unique.

    Sans allure est devenu sa référence vintage pour de fringuer. Bomber rétro, couleurs acidulées… Sa maman chinait déjà pour lui en étant enfant et il n’a jamais perdu cette habitude ! 

    Hormis ces deux adresses incontournables d’après lui, Antoine préfère rencontrer les gens que les endroits car « ce sont les gens qui font l’endroit. Si tu prends la peine de les écouter, les gens vont se rendre compte que nous sommes super sympas et sommes prêts à leur tendre la main. » Nous avons une autre dynamique que dans une grande ville ; proche et chaleureuse, Charleroi est unique.

    Il nous conseille de flâner sur le marché ou même sur les terrils, symbole carolo mais terrain de jeu lorsqu’il était jeune, cela lui rappelle énormément de souvenirs. 

    Je me rends compte qu’Antoine pourrait être un bon Greeter. Fière de sa ville, il a une perception de Charleroi musicale avec des endroits inconnus du grand public.

    Charleroi dans 10 ans ?

    Sans surprises, il espère observer une vraie scène musicale avec pleins de petits groupes qui puissent représenter Charleroi à l’étranger. Le talent est présent mais les infrastructures manquent à l’appel. Il exprime aussi le souhait de voir une université à la ville haute pour qu’elle retrouve sa valeur d’antan. Il a de l’espoir car les travaux du bas de la ville ont porté leurs fruits.

    Le débrief’

    Rencontre détendue, Antoine ne se prend pas la tête mais a un objectif en tête : la musique. Avec Julien, ils comptent bien soulever des montagnes. Réel ovni dans leur domaine, la route est encore longue mais le succès sera, je suis sûre au rendez-vous.

    POUR RETROUVER RUNSOFA:

    Leur album “Say” est disponible sur Youtube, Deezer, Spotify… 

    Mes coups de coeur: Dissin’ & Silly dreams

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    LUCA ARCANGELI

    LUCA ARCANGELI

    • 25 ANS
    • DIPLÔMÉ EN COMMUNICATION – condorcet 
    • CREATEUR DE LA MARQUE RALLYRAIDERS®
    • CEO WAVEINALL

    J’arrive un peu stressée au showroom de RALLYRAIDERS®. Pourtant, c’est une personne enjouée par mon projet qui m’ouvre la porte même avec une heure d’avance ! À 25 ans, Luca Arcangeli jongle à merveille entre son agence de communication Waveinall et sa marque de jeans révolutionnaire : RALLYRAIDERS®. Revenu de son premier salon du denim à Amsterdam, il libère de son temps entre deux rendez-vous pour me parler de son projet. Un sacré agenda pour une marque réellement lancée il y a à peine un an.

    Fiers de Charleroi, entrepreneurs, jeunes, nos points communs ont contribué à détendre l’atmosphère habituellement professionnelle. Il me met tout de suite à l’aise et apprend à me connaitre avant de parler de son projet. Une démarche pour savoir qui se cache derrière Mycharleroi… Pas de panique, je ne mords pas.

    Ses débuts prometteurs :

    La boite de com’

    En entamant des études de communication, ses futures aspirations professionnelles étaient floues. Sa solution ? Demander le statut d’étudiant entrepreneur. L’intérêt ? « J’ai tous les avantages d’un indépendant, comme le numéro de TVA, sans les inconvénients. » Le statut était un moyen de « préparer le terrain » pour ses futurs projets.

    Deux ans après l’acquisition de ce statut, il lance son agence de communication. Il crée du contenu pour les réseaux sociaux de ses clients et s’occupe principalement de la communication événementielle pour des clients prestigieux : Poncelet, Laurent Perrier ou encore Jaggs, une marque de costumes hauts de gamme faits sur mesure.

    Et  RALLYRAIDERS® ?

    C’est lors de la conception d’un événement pour son agence que le déclic a lieu. Alors qu’il emmenait ses clients dans une région des Marches, en Italie, pour promouvoir les artisans locaux tout en faisant découvrir la région en moto, il sympathise avec deux d’entre eux. Cette rencontre va changer sa vie. De fait, des derniers, en plus d’être passionné de moto comme Luca, possèdent une fabrique de jeans où ils produisent dans son village natal pour les plus grands ; Dior, Armani, Gucci, Jacob Cohen…

    Quand il m’en parle, je peux apercevoir des étoiles dans ses yeux. Je le vois revivre son récit et j’ai hâte de découvrir la suite. Pourquoi a-t-il voulu créer des jeans uniques ? En quoi se différencient-ils du marché ?

    L’incroyable histoire de RALLYRAIDERS®

    Un besoin :
    Rouler à moto est la passion de Luca, la vitesse, la route qui défile, la beauté des paysages… C’est ce qui le fait vibrer! Pourtant la réalité est tout autre : « Avec l’équipement tu ressembles à un plombier ou à un astronaute. »

    C’est ce que Luca et son entourage décriaient lorsqu’ils partaient en balade ; l’impossibilité d’être stylé !

    À ma grande surprise, les équipements des motards doivent être homologués et certifiés. Ils sont aussi créés avec des renforts sur certains endroits pour une sécurité optimale. Bref, rien de sexy !
    L’équipement ne poserait pas de problème de goût si le stéréotype du motard barbu en total look cuir avec, en prime, l’aigle sur le biceps était encore d’actualité. Aujourd’hui, ce profil a radicalement changé .

    La nouvelle tendance ? Les Cafe Racer m’annonce fièrement Luca ! D’abord un type de moto, elle est choisie pour sa vitesse au détriment du confort avec une possibilité de customisation. Par après, l’appellation Cafe Racer sous-entend un public spécifique dans le monde de la moto : un homme moderne, bottines aux pieds avec un jean et une petite chemise pour parfaire le tout ! Ce look est beaucoup plus glamour que nos rockeurs en santiags.

    Idée révolutionnaire :
    Comment créer un pantalon quotidien réunissant sécurité et esthétisme ? C’est le challenge que RALLYRAIDERS® a résolu. Les marques actuelles proposent un jean en denim avec des renforts en Kevlar, une matière indestructible, sur certaines zones critiques mais aucune d’elles n’avaient pensé à fusionner les deux pour créer un nouveau tissu ! L’intégralité des pantalons RALLYRAIDERS® sont un mélange de Kevlar® et de denim pour une tenue traversant les siècles. Cette matière a la particularité d’être anti abrasion, résistante, inusable, anti-feu… Avant d’être commercialisé, le produit doit passer un test d’usure  m’explique Luca. « Le test simule 70 ans d’usure et le jeans reste intacte. » Un avantage gigantesque quand on sait qu’être motard est une passion à haut risque et où il doit être protégé.

    L’exigence d’homologation exigée est-elle respectée ? Le Kevlar est une matière certifiée! Originellement Kevlar DuPont de Nemours®, cette société produit des équipements dans l’aviation, des gilets par balle… Mais jamais elle n’avait collaboré avec dans le domaine du textile. L’alliance entre la résistance, la certitude d’homologation le tout avec une finition séduisante, le défi est relevé !

    Si seulement le jeans avait pu être produit en Europe pour une éthique irréprochable… En fait Lucas y avait déjà pensé ! 100% made in italy le produit est conçu dans ce pays du rivet jusqu’au carton de l’étiquette. Cette unicité se mérite. Les jeans sont à partir de 150€ et montent jusque 360€ pour le produit le plus luxueux. Le succès a directement été au rendez-vous. Après une annonce sur les réseaux sociaux via Waveinall, une communauté se crée et supporte RALLYRAIDERS®. La production peut être lancée,  

    Victoire !

    Actuellement, sa plus grande fierté est de pouvoir vivre de l’ensemble de ces projets, RALLYRAIDERS® comme Waveinall. « C’est dur, attention, mais j’arrive à m’en sortir car je travaille tout le temps. »

    Où trouver ces pépites ?
    À Charleroi, le point de vente est le showroom d’exposition à Fleurus, là où ses bureaux sont aussi situés. Un autre point de vente existe à Anvers. Sinon toutes les pièces sont disponibles pour le site internet. Pour le moment, le magasin RALLYRAIDERS® n’existe pas encore mais cela ne saurait tarder ! « Je suis dans un élan positif. Maintenant que je suis bien implanté, je sais où je vais avec ma marque. »
    L’étape cruciale à laquelle il est arrivé est celle de la commercialisation. L’enjeu pour Luca est de démarcher différents distributeurs. La tâche sera à mon avis chose aisée au vu des nombreux clients déjà conquis.

    Nouveaux projets :
    Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?
    En plus du Kevlar, il utilise d’autres matières comme le Cordura®, matière tout aussi noble et résistante. Une collection femme est aussi en pleine réflexion ainsi qu’une gamme complète de vêtements… Bref, beaucoup de travail en perspective mais au plus le défi est audacieux, plus cela stimule Luca. Une personnalité à surveiller au vu des projets par minute qu’il souhaite concrétiser.

    Charleroi et RALLYRAIDERS®, une relation d’amour ?
    La ville de Charleroi a conscience du potentiel du projet. Il se murmure qu’à terme, l’atelier de production se délocalise à Charleroi. Une marque 100% carolo et non plus 100% italienne, envisageable ?

    Ses bonnes adresses :

    Question récurrente lors de mes interviews, j’essaie de savoir où nous pouvons rencontrer ces génies carolos. « J’adore me retrouver à la brasserie du Quai 10 ». Son moment préféré ? Les brunchs du dimanche. Il me confie adorer la musique qui y est diffusée. Il y vient avec son ordinateur pour travailler et changer de l’environnement cadré et sérieux du bureau.
    La folie ordinaire, est aussi une adresse prisée par Luca. Ce nouveau bar à concept cultive une dynamique plus artistique avec une pièce au sous-sol pour des petits concerts de jazz.

    Ce que j’en pense :
    Notre jeune âge nous a rapproché car nous partagions le même monde. Tout de suite à l’aise, la relation interviewé- interviewer a vite disparu au profit d’une relation plus « amicale ». Me mettre en chaussettes pour faire des photos des produits n’est pas un comportement que j’aurais adopté en temps normal. Cette ambiance bon enfant se retrouve aussi dans la manière que Luca a de gérer son métier : sérieusement mais sans prise de tête pour autant.


    Bref, j’ai adoré son projet et j’espère que vous aussi ! Ce qu’il nous prépare en coulisses sera tout aussi magique que sa marque de jeans, je vous le promets.

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