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    LA GRANDE FABRIQUE – EDEN –

    EDEN

    LA GRANDE FABRIQUE

    À l’approche du carnaval, l’Eden, lieu culturel à Charleroi, est en effervescence. Derrière ses portes vitrées, des centaines de personnes viennent quotidiennement prêter main forte pour la création de la grande parade. En quoi consiste le projet ? Quel est l’intérêt de venir en tant que citoyen ? L’article vous explique tout, de A à Z.

    Les débuts :

    Cela fait 4 ans que l’Eden s’investit dans le Carnaval à travers la grande parade. Entièrement conçu avec des matériaux de récupération, la grande fabrique est donc le « camp de base » comme aime le définir Fabrice, directeur du théâtre, pour les groupes participant à la parade. Fanfares, écoles de danse, coopérative alimentaire, associations, ASBL, personnes en situation de handicap… Le but de l’évènement est de « refléter l’identité carolo dans toute sa diversité ».

    Implication citoyenne :

    Outre l’organisation de la grande parade, tous les carolos (et non carolos d’ailleurs) sont les bienvenus pour aider dans la construction des chars et des costumes. Du mercredi au dimanche, nous pouvons venir mettre la main à la pâte. Et c’est ce que j’ai fait ! De passage à l’Eden pour un rendez-vous dans le cadre de mon blog, je me retrouve, deux jours plus tard, à créer des feuilles de chou… Je suis allée par curiosité et j’y ai découvert des gens d’une gentillesse hors norme, toujours prêts à m’aider, à répondre à mes questions…

    Pourquoi avoir créé ce rendez-vous ? 

    « Prendre Charleroi dans sa plus belle diversité et défiler ensemble au carnaval ». Tout le monde a donc droit de participer ! S’intéresser au monde de l’art et au folklore carolo par ce biais est une belle idée d’autant plus que cela parle à tous les publics.

    L’autre évènement emblématique de l’Eden est le bal blanc. Ce dernier se déroule au mois de novembre afin de célébrer l’entrée dans l’hiver. Alors ici, pourquoi ne pas fêter sa sortie ?

    Le clou du spectacle :

    Le carnaval se terminera par le brûlage du corbeau rassemblant les idées noires des citoyens. Ecrivez vos pensées tristes, mélancoliques ou maussades sur un bout de papier ou un carton de bière, elles disparaîtront à la fin du cortège. À la fabrique, vous pourrez aussi confectionner l’animal !

    Nouveauté de l’année : le corbeau sera jugé et condamné le 5 mars en soirée…   

    Bonne ou mauvaise idée ?

    Pouvoir concrétiser et renouveler, année après année, un si grand projet, le tout dans la convivialité, la bonne humeur est fantastique.  « On est dans un imaginaire à construire et pas dans un folklore à perpétuer d’années en années ». Carmela, un membre de la team, résume parfaitement l’ambiance qui règne au sein de l’Eden.

    Le but est d’éveiller notre créativité et de s’épanouir. On donne le temps que l’on veut, on vient seul ou en famille… Le plus important est de contribuer à la vie carolo ! J’ai adoré le concept et j’invite tout le monde à donner quelques heures de son temps pour comprendre l’atmosphère unique qui y règne.

    Rendez-vous le 5 mars pour découvrir cette parade haute en couleur made in Charleroi.

    HORAIRES/INFOS

    Adresse: Boulevard Jacques Bertrand, 1-3 

    Site internet : cliquez ici

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    YS&ANJAY

    YS & ANJAY

    Après avoir écrit trois ans sur les événements et concepts qui façonnent le nouveau Charleroi, je n’ai jamais parlé du profond changement de la jeunesse carolo. De plus en plus de projets sont créés par des étudiants ou jeunes diplômés. Je pense notamment à Shape’n Go, T-wax Customize, Moov’-ti… Mais qu’en est-il de la scène musicale ? Avons-nous aussi des talents dans ce domaine ?


    Hormis l’interview de RUN SOFA précédemment réalisée, je n’ai pas encore jamais promu nos talents musicaux et encore moins ceux appartenant au monde du rap. C’est pourquoi je suis partie à la rencontre de Loris et Hamza, deux rappeurs carolos pour lesquels j’ai beaucoup de respect et d’admiration.

    La rencontre :
    Lors d’un show case à Charleroi dans le courant du mois de juin, je les ai rejoints en fin de concert en toute simplicité pour discuter de leur parcours et de leur expérience.
    Amis d’enfance, Les deux chanteurs se sont associés il y a un an pour créer leur groupe de rap en parallèle de leurs études. Loris, ou YS, a d’abord expérimenté la musique seul avant qu’Hamza qui composait lui aussi, ne le rejoigne.

    Carolos, ils sont déterminés à faire rayonner le Pays Noir dans toute la Belgique et surtout à casser les codes du rap. En effet, j’ai eu l’occasion de les voir à deux reprises en concert et nous sommes loin du cliché des textes insultants et des paroles arrogantes.

    Le rap, une musique vulgaire?
    Le rap émerge aux Etats-Unis dans les années 70 en s’inspirant du genre Hip-Hop créé dans les ghettos américains. C’est depuis quelques années que ce style musical a explosé et se retrouve partout, même à la radio sur chaines commerciales !

    Si vous pensez que ce genre musical promeut uniquement le conflit et la violence, il est temps de faire évoluer vos stéréotypes. Certes, les débuts du rap n’étaient pas glorieux mais en 2019, il existe tellement de genres et d’artistes qu’il est temps de s’intéresser à cette culture.

    Dans leurs textes, YS&Anjay abordent leurs expériences de vie sans ne se plaindre ni dénoncer d’injustices. Au contraire, ils expliquent et montrent les leçons qu’ils ont pu en tirer. Le titre « La rue » est d’ailleurs un bon exemple.
    Le groupe se positionne dans le genre « pop-rap ». avec quelques influences de dancehall, une musique populaire jamaïcaine. « Bad Bad » ou « Love », illustrent bien ce mélange de sonorités. C’est ce mélange que j’aime chez ses artistes. Ils préfèrent composer des sons plutôt calmes et c’est pourquoi on retrouve ce type de sonorités.

    « Nous chantons aussi pour notre public donc on essaie d’offrir aux gens ce qu’ils aiment ». Ils tentent donc aussi de créer des titres plus rythmés qui plaisent à un plus grand nombre de personnes comme leur nouveau single «OMG» ou « Jeune de cité ».

    Zone 6 music
    YS&Anjay font partie d’un label qui regroupe plusieurs rappeurs parmi les nombreux chanteurs carolos. Cette infrastructure a comme principale mission de trouver des scènes pour les artistes, des lieux de clips ou des vidéastes pour que la production et l’enregistrement soient correctement réalisés.
    Loris et Hamza possèdent aussi leur propre manager, Joris. Son rôle est de les aider dans l’organisation quotidienne. « Ils nous boostent à enregistrer des morceaux professionnels et à sans cesse nous surpasser. »

    Charleroi : une force ou un désavantage ?

    Loris et Hamza sont nés, ont vécu et étudient à Charleroi. « On aime cette ville et nous y sommes beaucoup attachés ». Ces artistes ont vu la ville en plein déclin et sont fiers de redorer son image à leur manière. Mais pourquoi ne pas s’exporter à Bruxelles ?

    Quand on sait que Damso et Shay, deux rappeurs bruxellois qui ont signé dans le label de Booba, un rappeur international, cela pourrait inspirer. Pour eux, « Il faut être un prince dans sa ville avant de vouloir régner ailleurs. » Même s’ils ont le désir immense de vivre de leur art, YS&Anjay avancent sans se précipiter. Ils prennent même en compte l’éventualité où leur projet n’aboutirait pas. Ils souhaiteraient cependant rester dans le monde de la musique en y exerçant un métier connexe comme ingénieur du son.

    Adresses carolos
    Ils m’expliquent qu’ils ne sont pas de grands sorteurs et n’ont pas pour habitude de traîner dans les bars ou les soirées. Le studio Eveil situé à Ransart est donc le lieu où ils passent le plus de temps pour écrire et enregistrer leur musique.
    Ils ont récemment découvert Oggi coffee, un bar proposant des freakshake et des bagels mais ils vont plus facilement manger au restaurant Les mille et une nuits, à Gosselies où Hamza travaille. D’ailleurs, je ne connaissais absolument pas ce resto marocain. Même après 3 ans, j’ai encore pleins d’adresses à découvrir. 

    Objectif :
    « Si je pète le million, dans ce cas-là tu me verras danser » est une des paroles dans le feat « Battu» avec un autre rappeur carolo L.I du 6. Pourtant, atteindre le million n’est pas leur premier objectif m’ont-ils affirmé. Le plus important est la création d’une communauté solide. Ils recherchent un réel engagement auprès de leurs fans. S’ils participent à un show hors de Charleroi, ils espèrent être suivis par leur public.

    Mon avis :
    Je suis admirative face à leur travail et surtout leur talent. J’ai eu un coup de cœur pour leur musique suite aux textes réfléchis à l’instru plus doux et dansant. J’espère que je vous aurai donner l’envie d’écouter leur musique sur YouTube ou Spotify.

    Cette initiative montre aussi la créativité et la motivation de la jeunesse carolo à vouloir améliorer sa ville. Charleroi change et j’ai hâte de voir à mon retour toutes les évolutions et améliorations que j’ai pu manquer en étant au Canada. 

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    NOVOTEL CHARLEROI : POURQUOI Y ALLER ?

    NOVOTEL CHARLEROI

    POURQUOI
    Y ALLER ?

    Envie de découvrir Charleroi plus d’une journée et vous cherchez un logement dans le centre-ville ? Au contraire, vous êtes carolos et cherchez une nouvelle terrasse pour y boire un verre ? Le Novotel Charleroi est une adresse qui enchante les touristes comme les carolos ! Aussi connu avec ses apéros « Rooftop », cet établissement est devenu un passage incontournable dans la ville. Je vous explique les raisons de son succès :

    Sa localisation
    En plein centre-ville cet hôtel 4 étoiles offre une position idéale pour les touristes qui souhaitent être au cœur de l’animation comme pour les carolos qui recherchent un bar à proximité des magasins.
    Dès la création du centre commercial Rive Gauche, la chaîne d’hôtel a compris le potentiel en devenir de la ville et s’est installé au 4e étage du shopping center. Un pari risqué mais qui porte ses fruits au vu de l’évolution positive du Pays Noir.

    Ses activités

    Le Novotel Charleroi a réussi à sortir son épingle du jeu grâce à l’organisation de nombreux évènements dont les apéros Rooftop devenus culte à Charleroi. Un jeudi par mois, la réception se transforme en bar et piste de dance. Cette une initiative remporte un franc succès et ce, toutes tranches d’âges confondues. J’y vais de temps à autres pour profiter de leurs savoureux cocktails. Leur terrasse est aussi parfaite pour les après- midis ensoleillés. Par contre, l’appellation « Rooftop » prête à confusion d’après moi car on attend à trouver vue imprenable sur Charleroi alors que ce n’est pas le cas.

    Parmi les autres activités, ils organisent une happy hour quotidienne entre 18h30 et 19h30, des standup comedy et j’en passe !

    Chambres spacieuses

    Vu que j’habite le grand Charleroi, je n’ai jamais pu tester l’aspect logement mais j’ai eu l’occasion d’aller dans une de leurs chambres pour un shooting. Celles-ci sont spacieuses et lumineuses. Calmes et bien isolées, elles ont, contrairement à la terrasse, de belles vues sur le Pays Noir.

    Concernant la qualité, je fais confiance à la réputation de la chaîne. Je ne pense pas que vous aurez de mauvaises surprises.

    Décoration

    Je ne sais pas si c’est une spécificité du Novotel Charleroi ou si c’est la chaine en général qui prête attention à la décoration mais cette dernière est à saluer. Avant d’accéder à la réception située au 2e étage, l’espace où vous attendez les ascenseurs est vaste avec un grand arbre en son centre. Ensuite, l’accueil est créé en longueur pour que les différentes espaces se succèdent : réception, bar, resto, terrasse…  Neuf et élégant, ils ont choisi le noir comme couleur dominante mais cela tranche avec le parquet.

    En définitive ?

    Même si Novotel une chaîne internationale, leurs différentes activités organisées et la possibilité d’y boire un verre donne un atout supplémentaire à l’hôtel devient une adresse carolo plaisante.

    HORAIRES/INFOS

    Adresse : Place Verte  17, 6000

    Site : Clique ici  

    Téléphone+32 71 28 28 28

    Crédit photo : info@scaart.be  & Laura Blondiaux Photography 

    Autre avis : évolution carolo

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  • Incarolo people

    CAROL’OR

    CAROL'OR

    • MONNAIE LOCALE ET CITOYENNE
    • MAI 2019 
    • COLLECTIF DE 16 PERSONNES

    Charleroi revit, se transforme et s’agrandit pour notre plus grand bonheur. Des centaines de nouvelles adresses, un centre commercial, bref nous sommes face à une offre grandissante mais à quel prix ? Est-ce que les commerçants carolos trouvent-ils encore leur place face à toutes ces enseignes internationales ? Difficilement… Pourtant les valoriser fait aussi partie de la redynamisation carolo. C’est pourquoi le collectif de Carol’or a imaginé une solution, celle de la monnaie locale.

    C’est autour d’un thé et d’un brownie au Livre ou verre que je rencontre Valter et Jean-Stéphane, deux membres du projet.

    Carol’or ? Qu’est-ce que c’est ?
    Le Carol’or est la 13e monnaie complémentaire belge et la première de la région de Charleroi. Dès mai, nous pourrons donc payer chez les commerçants partenaires avec une monnaie autre que l’euro.
    Derrière ce projet, ce sont 16 personnes qui, suite au film Demain, créent un collectif pour faire mettre en place une des solutions face à la crise écologique expliquée dans le film.

    Quelles sont les 4 utilités d’une monnaie locale ?

    Valter et Jean-Stéphane sont unanimes sur ce point, le but premier est de favoriser le commerce local. Allez-vous boire votre café chez Café van Hove ou chez Black coffee à Rive Gauche ? Achetez-vous votre déco chez Wonderfriends ou Flying tiger ? L’intérêt est que notre argent aille dans la poche d’un autre carolo et pas d’une multinationale.

    En utilisant le Carol’or nous favorisons les circuits-courts et on se réapproprie notre pouvoir d’achat. Utiliser la monnaie locale nous permettra de regénérer le tissu commercial et les commerces de proximité. « 90% de la valeur monétaire mondial sert à la spéculation » m’explique les membres du collectif. Soit uniquement 10% pour l’économie réelle. Une des finalités de cette devise citoyenne est donc de contribuer à ces 10%.

    Une autre utilité de la monnaie est de recréer du lien. Pouvez-vous me citer 3 prénoms de commerçants qui vous saluent ou vous demandent si vous allez bien ? Dépenser ses Carol’or permettra, je l’espère, de discuter plus facilement avec le gérant du magasin ou du bar pour que, de fil en aiguille, cette adresse devienne un coup de cœur.

    Grâce aux différents partenaires du projet, nous serons amenés à découvrir de nouvelles adresses et de nouvelles personnes. Sur les 40 minutes d’interview, ils m’ont cité 3 endroits que je ne connaissais absolument pas… Outre des adresses alimentaires, nous pourrons dépenser notre argent local dans des lieux culturels et dans le grand Charleroi.

    Dans la pratique, comment je dois faire ?
    1€ = 1 carol’or disponible sur une zone comprise entre Pont-à-Celles à Gerpinnes. Il y aura plusieurs comptoirs d’échange (dont au livre ou verre ou à l’Eden) pour troquer nos euros contre la monnaie carolo. La monnaie sortira en mai. Que faire d’ici là ?
    Vous pouvez soutenir le projet grâce au crowdfunding ICI ou encore devenir ambassadeur.

    HORAIRES/INFOS

    Lien vers le crowdfunding : ici 

    Site internet  : là  

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  • Incarolo people

    RUN SOFA

    RUN SOFA

    • JULIEN & ANTOINE
    • 36 & 28 ANS
    • GUITARISTE & CHANTEUR DU GROUPE RUNSOFA 

    Artistes carolos en pleine construction, J’ai connu Antoine et Julien via Instagram. Il m’était impossible de ne pas rencontrer ce duo musical alternatif. J’ai donc eu l’honneur de discuter autour d’une limonade bio (oui oui celle du pain quotidien) avec Antoine, notre chanteur.

    Qui se cache derrière ce nom incongru ? Le succès est-il au rendez-vous ? J’ai tenté de comprendre leur univers et de vous en dévoiler une partie, c’est parti !

    Les origines du groupe :

    Inséparables, Julien et Antoine se connaissent depuis leur plus jeune âge. Et pour cause, ils sont cousins. Élevé dans une famille de musiciens à Marcinelle, ils ont chacun expérimenté avant d’entamer cette belle aventure. « Ça s’est fait naturellement parce que on traînait tout le temps ensemble ».

    Julien, de 8 ans son aîné a commencé la musique dès 6 ans pour faire ses premières scènes à 14 ans. Antoine a suivi ses pas dès qu’il en a eu l’occasion. Mais vivre de leur passion n’était tout simplement pas envisageable. Parti sur Bruxelles pour leurs études, ce fut un élément déclencheur dans leur carrière. Il y avait, dans cette ville, des possibilités de rencontres, un public et des centaines d’endroits où jouer. La clé de la réussite ? Le perfectionnisme. « On a toujours fait de la musique mais on le pousse le plus loin possible » et, comme par magie, d’un petit café de la capitale ils sont passés à la scène de Dour.

    Pourquoi run SOFA ?

    Pourquoi ce nom de scène ? Antoine reste vague… Délire entres potes, signification profonde ? Il se perd un peu dans ses explications mais la racine reste la chanson de George Harrison ; run so far. Enlever le « r » et le tour est joué !  Ce jeu de mots est en fait très représentatif pour eux car il a pleins de connotations différentes.

    Musique :

    Cette année a été marquée par leur entrée à Dour Festival. Certainement le lieu le plus connu à mes yeux dans leur parcours musical, ils ne sont pourtant pas à leur coup d’essai. Pour Antoine, il perçoit cette scène comme une belle étape dans leur parcours qui est loin d’être terminé !

    Des rêves musicaux ?

    Étonnamment, pas spécialement. Le chanteur voit les choses d’une manière plus globale ; ce qui l’intéresse n’est pas de jouer sur une scène spécifique ou de réussir à remplir une salle particulière. Continuer à faire de la musique et des concerts avec un public toujours au rendez-vous est, par contre, un de ses souhaits les plus chers.  « C’est simple mais juste suffisant pour rêver » me raconte-il. 

    Le vif du sujet : leur univers musical :

    « On a envie de faire une musique qui est honnête, a un message et est revendicatrice ».

    Amoureux du rock durant son âge d’or, ce style musical était basé sur des messages profonds et des envies de changer le monde. Quand elle est devenue populaire, elle a perdu tout son sens. Le hip -hop d’aujourd’hui a repris les codes du rock d’antan et c’est pourquoi ils sont à la charnière de ses deux genres.

    Ado, ils se sont longtemps sentis privés d’expression. En plein déclin, Charleroi n’avait pas les infrastructures adéquates pour faire émerger des talents ou donner la possibilité aux jeunes d’extérioriser leur créativité.

    « On se sentait démunis face à tout ça, on avait envie de faire des choses mais les gens ne te donnent pas la parole et ne te prend pas au sérieux. » À force d’avoir trop emmagasiner, cela est ressorti sous forme de musique et de textes profonds chargés de sens. Entre autres, le morceau « Papillon » traitant de l’homosexualité. 

    Leurs inspirations :

    Après avoir entendu leur musique, je n’arrivais pas à identifier leur style. Éclectique, je voulais savoir où ils puisaient leurs inspirations. Il m’explique que la scène américaine reste une grosse source d’idées avec notamment Mykki blanco (rappeur), Death gripsHo9909 plus tourné vers l’heavy metal,  ou encore Aurora venant des pays scandinaves. Ces artistes ont été pionniers dans leur processus créatif et c’est dans cette optique que se positionne run SOFA. 

    Antoine m’explique que la scène de rap alternatif n’est pas encore répandue en Belgique et c’est pourquoi je les trouvais unique en leur genre. Il reste humble par rapport à ma remarque et pour lui, il n’a rien inventé même si à Charleroi c’est totalement innovant. Il se définit plus comme contemporain dans leur domaine.

    Réussissent-ils à vivre de leur passion ?

    Actuellement, run SOFA est autonome. Ils réussissent à générer assez d’argent pour créer un album mais pas encore assez pour se rémunérer. 

    La Belgique est un petit pays avec peu de scènes intéressantes m’explique Antoine. Une fois que les grosses villes ont été parcourues comme Bruxelles, Namur, Charleroi, Liège et parfois Mons, ils sont obligés de voyager (ce qui coûte encore de l’argent) comme en France, en Angleterre ou en Flandre. À force de changer de lieu, ils restent encore une découverte pour les gens. Le challenge est de les convaincre pour qu’ils achètent une place de concert ; le seul moyen pour gagner sa vie en tant que musicien.  

    Charleroi et la musique ?  

    Bruxelles aurait été l’élément déclencheur (comme expliqué plus haut) mais pourquoi Charleroi n’a pas pu jouer ce rôle ? D’après eux, notre ville ne met pas assez les artistes en valeur. « Nous avons un complexe d’infériorité par rapport aux autres villes ». De plus, Antoine constate que la période de déclin à Charleroi a laissé des séquelles sur la perception qu’on les carolos face à leurs projets.  

    Heureusement, la roue tourne et être carolo devient un avantage. Les gens ont déjà entendu parler de Charleroi mais ne sont jamais venus. Les artistes agissent alors comme des porte-paroles.

    La solution ?  

    Pour promouvoir les talents musicaux, l’idéal selon le chanteur serait de créer des « cafés-concerts ». Certes Charleroi possède 3 salles importantes ; celle du Vecteur,  de l’Eden, et le Rockerill. Des petites scènes avec du partage entre le public et l’artiste comme dans les années 90 ont toutes disparues.

    « Parfois on a besoin d’expérimenter et on n’est pas prêt pour jouer dans des grands scènes »

    3 adresses à conseiller ?

    Le Rockerill est pour eux une évidence. « Je considère Mika comme mon père spirituel. » Crée il y a plus de 10 ans maintenant, le Rockerill a été le pionnier dans la reconstruction de Charleroi. Salle de concert dans d’anciennes forgeries, elle est le symbole de Charleroi. Amoureux du concept, c’est avec joie qu’ils viennent jouer dans cet endroit unique.

    Sans allure est devenu sa référence vintage pour de fringuer. Bomber rétro, couleurs acidulées… Sa maman chinait déjà pour lui en étant enfant et il n’a jamais perdu cette habitude ! 

    Hormis ces deux adresses incontournables d’après lui, Antoine préfère rencontrer les gens que les endroits car « ce sont les gens qui font l’endroit. Si tu prends la peine de les écouter, les gens vont se rendre compte que nous sommes super sympas et sommes prêts à leur tendre la main. » Nous avons une autre dynamique que dans une grande ville ; proche et chaleureuse, Charleroi est unique.

    Il nous conseille de flâner sur le marché ou même sur les terrils, symbole carolo mais terrain de jeu lorsqu’il était jeune, cela lui rappelle énormément de souvenirs. 

    Je me rends compte qu’Antoine pourrait être un bon Greeter. Fière de sa ville, il a une perception de Charleroi musicale avec des endroits inconnus du grand public.

    Charleroi dans 10 ans ?

    Sans surprises, il espère observer une vraie scène musicale avec pleins de petits groupes qui puissent représenter Charleroi à l’étranger. Le talent est présent mais les infrastructures manquent à l’appel. Il exprime aussi le souhait de voir une université à la ville haute pour qu’elle retrouve sa valeur d’antan. Il a de l’espoir car les travaux du bas de la ville ont porté leurs fruits.

    Le débrief’

    Rencontre détendue, Antoine ne se prend pas la tête mais a un objectif en tête : la musique. Avec Julien, ils comptent bien soulever des montagnes. Réel ovni dans leur domaine, la route est encore longue mais le succès sera, je suis sûre au rendez-vous.

    POUR RETROUVER RUNSOFA:

    Leur album “Say” est disponible sur Youtube, Deezer, Spotify… 

    Mes coups de coeur: Dissin’ & Silly dreams

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    LUCA ARCANGELI

    LUCA ARCANGELI

    • 25 ANS
    • DIPLÔMÉ EN COMMUNICATION – condorcet 
    • CREATEUR DE LA MARQUE RALLYRAIDERS®
    • CEO WAVEINALL

    J’arrive un peu stressée au showroom de RALLYRAIDERS®. Pourtant, c’est une personne enjouée par mon projet qui m’ouvre la porte même avec une heure d’avance ! À 25 ans, Luca Arcangeli jongle à merveille entre son agence de communication Waveinall et sa marque de jeans révolutionnaire : RALLYRAIDERS®. Revenu de son premier salon du denim à Amsterdam, il libère de son temps entre deux rendez-vous pour me parler de son projet. Un sacré agenda pour une marque réellement lancée il y a à peine un an.

    Fiers de Charleroi, entrepreneurs, jeunes, nos points communs ont contribué à détendre l’atmosphère habituellement professionnelle. Il me met tout de suite à l’aise et apprend à me connaitre avant de parler de son projet. Une démarche pour savoir qui se cache derrière Mycharleroi… Pas de panique, je ne mords pas.

    Ses débuts prometteurs :

    La boite de com’

    En entamant des études de communication, ses futures aspirations professionnelles étaient floues. Sa solution ? Demander le statut d’étudiant entrepreneur. L’intérêt ? « J’ai tous les avantages d’un indépendant, comme le numéro de TVA, sans les inconvénients. » Le statut était un moyen de « préparer le terrain » pour ses futurs projets.

    Deux ans après l’acquisition de ce statut, il lance son agence de communication. Il crée du contenu pour les réseaux sociaux de ses clients et s’occupe principalement de la communication événementielle pour des clients prestigieux : Poncelet, Laurent Perrier ou encore Jaggs, une marque de costumes hauts de gamme faits sur mesure.

    Et  RALLYRAIDERS® ?

    C’est lors de la conception d’un événement pour son agence que le déclic a lieu. Alors qu’il emmenait ses clients dans une région des Marches, en Italie, pour promouvoir les artisans locaux tout en faisant découvrir la région en moto, il sympathise avec deux d’entre eux. Cette rencontre va changer sa vie. De fait, des derniers, en plus d’être passionné de moto comme Luca, possèdent une fabrique de jeans où ils produisent dans son village natal pour les plus grands ; Dior, Armani, Gucci, Jacob Cohen…

    Quand il m’en parle, je peux apercevoir des étoiles dans ses yeux. Je le vois revivre son récit et j’ai hâte de découvrir la suite. Pourquoi a-t-il voulu créer des jeans uniques ? En quoi se différencient-ils du marché ?

    L’incroyable histoire de RALLYRAIDERS®

    Un besoin :
    Rouler à moto est la passion de Luca, la vitesse, la route qui défile, la beauté des paysages… C’est ce qui le fait vibrer! Pourtant la réalité est tout autre : « Avec l’équipement tu ressembles à un plombier ou à un astronaute. »

    C’est ce que Luca et son entourage décriaient lorsqu’ils partaient en balade ; l’impossibilité d’être stylé !

    À ma grande surprise, les équipements des motards doivent être homologués et certifiés. Ils sont aussi créés avec des renforts sur certains endroits pour une sécurité optimale. Bref, rien de sexy !
    L’équipement ne poserait pas de problème de goût si le stéréotype du motard barbu en total look cuir avec, en prime, l’aigle sur le biceps était encore d’actualité. Aujourd’hui, ce profil a radicalement changé .

    La nouvelle tendance ? Les Cafe Racer m’annonce fièrement Luca ! D’abord un type de moto, elle est choisie pour sa vitesse au détriment du confort avec une possibilité de customisation. Par après, l’appellation Cafe Racer sous-entend un public spécifique dans le monde de la moto : un homme moderne, bottines aux pieds avec un jean et une petite chemise pour parfaire le tout ! Ce look est beaucoup plus glamour que nos rockeurs en santiags.

    Idée révolutionnaire :
    Comment créer un pantalon quotidien réunissant sécurité et esthétisme ? C’est le challenge que RALLYRAIDERS® a résolu. Les marques actuelles proposent un jean en denim avec des renforts en Kevlar, une matière indestructible, sur certaines zones critiques mais aucune d’elles n’avaient pensé à fusionner les deux pour créer un nouveau tissu ! L’intégralité des pantalons RALLYRAIDERS® sont un mélange de Kevlar® et de denim pour une tenue traversant les siècles. Cette matière a la particularité d’être anti abrasion, résistante, inusable, anti-feu… Avant d’être commercialisé, le produit doit passer un test d’usure  m’explique Luca. « Le test simule 70 ans d’usure et le jeans reste intacte. » Un avantage gigantesque quand on sait qu’être motard est une passion à haut risque et où il doit être protégé.

    L’exigence d’homologation exigée est-elle respectée ? Le Kevlar est une matière certifiée! Originellement Kevlar DuPont de Nemours®, cette société produit des équipements dans l’aviation, des gilets par balle… Mais jamais elle n’avait collaboré avec dans le domaine du textile. L’alliance entre la résistance, la certitude d’homologation le tout avec une finition séduisante, le défi est relevé !

    Si seulement le jeans avait pu être produit en Europe pour une éthique irréprochable… En fait Lucas y avait déjà pensé ! 100% made in italy le produit est conçu dans ce pays du rivet jusqu’au carton de l’étiquette. Cette unicité se mérite. Les jeans sont à partir de 150€ et montent jusque 360€ pour le produit le plus luxueux. Le succès a directement été au rendez-vous. Après une annonce sur les réseaux sociaux via Waveinall, une communauté se crée et supporte RALLYRAIDERS®. La production peut être lancée,  

    Victoire !

    Actuellement, sa plus grande fierté est de pouvoir vivre de l’ensemble de ces projets, RALLYRAIDERS® comme Waveinall. « C’est dur, attention, mais j’arrive à m’en sortir car je travaille tout le temps. »

    Où trouver ces pépites ?
    À Charleroi, le point de vente est le showroom d’exposition à Fleurus, là où ses bureaux sont aussi situés. Un autre point de vente existe à Anvers. Sinon toutes les pièces sont disponibles pour le site internet. Pour le moment, le magasin RALLYRAIDERS® n’existe pas encore mais cela ne saurait tarder ! « Je suis dans un élan positif. Maintenant que je suis bien implanté, je sais où je vais avec ma marque. »
    L’étape cruciale à laquelle il est arrivé est celle de la commercialisation. L’enjeu pour Luca est de démarcher différents distributeurs. La tâche sera à mon avis chose aisée au vu des nombreux clients déjà conquis.

    Nouveaux projets :
    Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?
    En plus du Kevlar, il utilise d’autres matières comme le Cordura®, matière tout aussi noble et résistante. Une collection femme est aussi en pleine réflexion ainsi qu’une gamme complète de vêtements… Bref, beaucoup de travail en perspective mais au plus le défi est audacieux, plus cela stimule Luca. Une personnalité à surveiller au vu des projets par minute qu’il souhaite concrétiser.

    Charleroi et RALLYRAIDERS®, une relation d’amour ?
    La ville de Charleroi a conscience du potentiel du projet. Il se murmure qu’à terme, l’atelier de production se délocalise à Charleroi. Une marque 100% carolo et non plus 100% italienne, envisageable ?

    Ses bonnes adresses :

    Question récurrente lors de mes interviews, j’essaie de savoir où nous pouvons rencontrer ces génies carolos. « J’adore me retrouver à la brasserie du Quai 10 ». Son moment préféré ? Les brunchs du dimanche. Il me confie adorer la musique qui y est diffusée. Il y vient avec son ordinateur pour travailler et changer de l’environnement cadré et sérieux du bureau.
    La folie ordinaire, est aussi une adresse prisée par Luca. Ce nouveau bar à concept cultive une dynamique plus artistique avec une pièce au sous-sol pour des petits concerts de jazz.

    Ce que j’en pense :
    Notre jeune âge nous a rapproché car nous partagions le même monde. Tout de suite à l’aise, la relation interviewé- interviewer a vite disparu au profit d’une relation plus « amicale ». Me mettre en chaussettes pour faire des photos des produits n’est pas un comportement que j’aurais adopté en temps normal. Cette ambiance bon enfant se retrouve aussi dans la manière que Luca a de gérer son métier : sérieusement mais sans prise de tête pour autant.


    Bref, j’ai adoré son projet et j’espère que vous aussi ! Ce qu’il nous prépare en coulisses sera tout aussi magique que sa marque de jeans, je vous le promets.

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